L'actualité intercommunale

L'actualité intercommunale / N°231 12 septembre 2026
Marne&Gondoire
SCPE

20 communes

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Le mot du président

Jean-Paul MICHEL
L’éducation est primordiale. Sans en avoir la compétence formelle, Marne et Gondoire y prend part. Que ce soit dans nos bibliothèques, au Parc culturel, au moulin Russon ou encore à la Maison de la nature. Les enfants peuvent y vivre des expériences pédagogiques concrètes, complémentaires aux notions vues en classe… et les adultes peuvent les redécouvrir ! Alors, bonne rentrée à tous !
Jean-Paul MICHEL
ACTUALITÉ

Jablines, lieu de loisirs adapté au handicap

Le 21 août, la ministre déléguée en charge de l’autonomie et des personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, visitait l’Île de loisirs de Jablines-Annet.

Camille Galliard-Minier en visite à l’Île de loisirs de Jablines-Annet, au téléski nautique
Au téléski nautique. Au centre, la ministre, Camille Galliard-Minier

Cet équipement régional a progressivement mis en œuvre ces 15 dernières années un plan Ad’AP pour donner un plein accès à ses installations aux personnes en situation de handicap dont la baignade, les activités nautiques, le téléski et le camping. Un investissement de la Région plébiscité par le public : «sur les 3000 groupes que nous accueillons chaque année, 150 à 200 sont des établissements pour personnes handicapées, sans compter les particuliers et les associations de sport adapté. Cela représente vraiment un pourcentage significatif de nos visiteurs», indique la direction. L’équipe du centre nautique propose notamment des initiations à l’activité voile, y compris pour le public en grand handicap. «Nous recevons entre autres la MAS d’Ormesson (94). Ses résidents ont le sourire dès que leurs éducateurs sportifs leur annoncent la sortie à Jablines», a notamment expliqué à la ministre Pascal, responsable du centre nautique.

Camille Galliard-Minier a ensuite assisté à une démonstration d’handi-wakeboard (téléski nautique assis) avant de participer à une table ronde avec des associations locales. «Ce déplacement s'inscrit dans la priorité de la Conférence nationale du handicap qui se tiendra le 4 septembre», précisait le ministère avant la visite.

ACTUALITÉ

Collégien inaugure son "Cœur de village"

3 classes supplémentaires en cette rentrée scolaire pour Collégien ! Une en maternelle, deux en élémentaire. Ces ouvertures décidées par l’Éducation nationale au regard des effectifs scolaires étaient l'un des objectifs de l'opération Cœur de village.

Inauguration du Cœur de village de Collégien
Au centre, Jean-Paul Michel et Marc Pinoteau, maire de Collégien

La mairie a mené cette reconfiguration du centre-ville ces cinq dernières années avec la société publique Marne et Gondoire Aménagement. À la clef, 288 logements adaptés à un large éventail de budgets et de situations familiales. Avec, en complément, de nouveaux équipements : maison de santé, crèche et centre de loisirs regroupés en un bâtiment unique et nouvelle antenne du conservatoire pour les arts visuels et numériques. Sans oublier un Carrefour Express sur la place de la mairie.

Le 4 septembre, lors de l'inauguration, Marc Pinoteau a présenté l'esprit de cette opération : «la mixité sociale, ce sont des jeunes ménages qui deviennent propriétaires, des familles qui peuvent se loger dignement, des séniors qui continuent à vivre dans leur commune. Aujourd'hui, c'est le début d'une nouvelle histoire. Celle des enfants qui grandiront ici, des familles qui y construiront leur avenir, des liens qui se tisseront entre les générations.» La commune accueille au total 700 nouveaux habitants, ce qui va porter sa population à 4 000 habitants.

ACTUALITÉ

L’éclairage de la piste cyclable V4 passe à la télégestion

Un technicien installe un module de télégestion sur un candélabre de la piste cyclable V4

La communauté d’agglomération développe la télégestion de l’éclairage public sur la piste cyclable V4, itinéraire qu’elle a aménagé en 2024 entre Saint-Thibault et Montévrain. Eiffage équipe ainsi les candélabres de petits modules sans fil. Les boîtiers maîtres sont commandables par le réseau mobile. Depuis une interface dédiée, les agents de Marne et Gondoire peuvent donc procéder directement aux réglages d’intensité lumineuse des différentes sections.

La configuration actuelle est un éclairage à 10% de puissance la nuit, qui monte à 80 % sur détection de présence. «Nous allons maintenant pouvoir effectuer très simplement des essais in situ pour affiner les réglages suivant les zones», indique la direction des services techniques. Cette technologie GSM remplace le système filaire.

La communauté d’agglomération a profité du remplacement de câbles volés pour passer à cette technologie sans fil. Les câbles d’alimentation des candélabres ont eux été équipés d’antivols en pied de mât afin qu’il ne soit plus possible de les tirer d’un réverbère à l’autre.

À VENIR

Les arbres s'exposent au château de Rentilly

Le vernissage de la nouvelle exposition du musée intercommunal aura lieu le 18 septembre.

Céline Cotty devant une peinture de Philippe Cognée dans une salle d'exposition du château de Rentilly
Céline Cotty devant "La lumière vient des fleurs", huile sur toile de Philippe Cognée

Après "Éclats de Couleur" de septembre 2025 à juillet 2026, la nouvelle exposition au château de Rentilly, qui ouvre dans une semaine, aura pour thème les arbres et les univers qui y sont associés dans l’imaginaire collectif. «Nous avons appelé cette exposition "Beaux-Arbres" : le château de Rentilly reflète les arbres, nous les avons invités à y entrer !» explique la responsable des expositions et des collections, Céline Cotty.

« Le château de Rentilly reflète les arbres, nous les avons invités à y entrer ! »

Céline Cotty, responsable des expositions et des collections

Les visiteurs découvriront des représentations graphiques des sept arbres remarquables (selon une labellisation nationale) que compte Marne et Gondoire. Le marronnier de Thorigny, cela vous dit quelque chose ? Son emplacement sera indiqué sur une carte géante. Une vidéo montrera le travail de l’artiste, Magalie Dubois.

Cette création n’est pas la seule conçue spécialement pour l’exposition. Junior Fritz-Jacquet a créé une nouvelle sculpture en papier, dans la lignée de celles qui ont fait sa renommée. Le photographe Laurent Lafolie a, quant à lui, expérimenté de nouvelles techniques créatives : des tirages sur porcelaine et des gravures laser sur carton d’après des photographies à la chambre.

Le musée a aussi fait appel à son réseau de collectionneurs et de galeries d’art. Plusieurs musées participent également, dont celui du roi de Rome à Rambouillet qui a prêté trois jeux de l’oie du 19e siècle. Au total, ce ne sont pas moins de 150 œuvres qui seront réunies dans le château.

Le point de départ de cette exposition qui -c’est une signature du musée intercommunal- mêle les époques et les disciplines, ce sont des œuvres de Léo Gausson. Le peintre néo-impressionniste latignacien a réalisé énormément d’études d’arbres, de dessins et de peintures en forêt de Fontainebleau mais aussi dans nos communes. «Nous en avons beaucoup dans notre fonds, qui nous ont été donnés par ses descendants», poursuit Céline Cotty. Le thème des arbres concorde également avec les 20 ans du Parc culturel de Rentilly – Michel Chartier, qui avait ouvert en septembre 2006.

Les visites commentées auront lieu le dimanche à 15 heures. Des conférences sur les arbres sont également programmées. Avec l'aide des médiatrices et médiateurs culturels, les visiteurs de tout âge pourront aussi participer à une œuvre collective : l’artiste Cécile Davidovici a préparé un métier à broder géant pour reproduire deux des tableaux exposés.

Ouvert à tous, le vernissage de l'exposition aura lieu le vendredi 18 septembre à 19 heures. Nouveauté, un vernissage pour les enfants aura lieu le dimanche 20 septembre à 11 heures.

Une femme se tient à côté d'une grande peinture représentant une forêt
"La Forêt", huile sur toile de Romain Bernini, en cours d'accrochage
À VENIR

La fête de la transition écologique, c'est samedi !

La fête de la transition écologique de Marne et Gondoire, ce sont des expériences, des initiations pour petits et grands, et surtout du plaisir et de la convivialité dans le cadre bucolique et reposant de la maison de la Nature à Ferrières-en-Brie.

Au programme : expériences scientifiques, réparation de vos objets, initiation à la couture, fabrication de savon, recettes végétales, essai de vélos et trottinettes électriques, low tech au jardin, observations naturalistes au microscope, bière et miel de producteurs locaux, culbuto et autres jeux en bois... On en passe et des meilleurs !

Des enfants observent au microscope lors d'une animation en plein air

Cela vous tente ? On vous attend samedi 12 septembre de 14 h à 18 h. Entrée libre, réservation obligatoire pour certaines activités.

Consulter le programme complet

PROMENONS-NOUS

Rallye historique à Rentilly

Le 28 août, le parc culturel de Rentilly, qui fêtera ses 20 ans lors des journées du patrimoine, proposait un jeu de piste pour découvrir l’histoire du domaine. 9 familles s’y sont collées. Nous avons suivi leurs pérégrinations.

Groupe de personnes visitant le parc devant le pavillon Carcat
Devant le pavillon de style normand, dit "pavillon Carcat"

Pour l’emporter, il va falloir coopérer. Médiatrice du parc culturel de Rentilly, Emma regroupe les 9 familles participantes en trois groupes. Leur mission : trouver les 7 enveloppes cachées dans les 48 hectares du parc. Démarrant du château, chaque équipe va faire le parcours dans un ordre différent et que la meilleure gagne !

Les Bleus démarrent pied au plancher, déjà deux énigmes résolues au bout de 10 minutes. Les Roses sont dans la cour des communs à la recherche de détails architecturaux sur les bâtiments historiques. «Mais où est-elle, cette poulie ?» : Trouvée, en haut des anciennes écuries, reconverties en salle de spectacle !

Enfants et adultes ouvrent l’œil, réfléchissent, se consultent. Dans la bibliothèque, juste à côté des bains trucs, conservés tels quels encore aujourd'hui, on obtient de précieuses informations sur l’ancien domaine bourgeois. On complète la frise chronologique qu'il faudra remettre à Emma à la fin du parcours. Les énigmes ne sont que des indices pour trouver l'enveloppe suivante.

L’intéressée s’est positionnée devant la statue de bronze réalisée par l’un des grands artistes plasticiens français, Xavier Veilhan. Cette sculpture représente le couple d’architectes avec qui «il a relooké» le château (selon ses mots) en 2013. Notre médiatrice attend les Bleus avec inquiétude : «Ils sont en retard sur les Orange». Peu après, l’équipe bleue surgit de la forêt à grandes enjambées.

Pendant ce temps, les Roses remontent le long des bassins miroirs, laissant derrière eux les façades (miroirs elles aussi) du château. Marie, une habitante de Bussy-Saint-Martin, demande à Gilles, son coéquipier de Dampmart : «Que pensez-vous du château ? Ils auraient pu laisser l’ancienne maison bourgeoise moi je trouve.» Marie évoque la demeure de la famille Menier, grands industriels du chocolat, qui la fit édifier dans les années 1950 à la place du château du 16e siècle. Pour les locaux, cette maison était encore le château.

N'est-ce pas le propre de l'art que interpeller ? Ce qui fit dire à Xavier Veilhan : «J’ai vite été intéressé par l’histoire compliquée de ce château et l’attachement que les gens y avaient. Le bâtiment qu’ils regardaient, construit dans les années 1950, n’avait pas de lien historique avec l’ancien château brûlé en août 1944 et remanié plusieurs fois. Leur vision en était presque conceptuelle, ce que j’avais appelé lors du concours une idée du château. Il fallait mettre sous tension, presque électriser, cette case mémorielle tout en remaniant de fond en comble la coquille, le bâtiment lui-même, qui était difficile à utiliser tel quel. Et l’articuler avec le jardin, préservé et magnifique. J’en suis donc venu à cette idée du double miroir pour faire entrer le jardin dans le château.» (Marne et Gondoire hebdo n°132, octobre 2020). C’est cette transformation qui a donné naissance au musée intercommunal ensuite. Et derrière les miroirs… la blanche maison est toujours là !

Un groupe de personnes près de la fontaine avec la statue de Diane
À la fontaine de Diane

Devant la statue de Diane, qui clôt la perspective à la française réhabilitée en 2007, les Roses sont en grande discussion. Une dame âgée passe avec son chien. Habitante de Saint-Germain des Noyers, juste au bas du parc, elle a vu la rénovation en 2013. «J’avais des doutes, je me disais ‘ça va être moche’. Mais finalement ça s’intègre bien et c'est moderne.» La dénommée Françoise vient se promener tous les jours : «c’est plaisant, des petits chemins ont été ajoutés dans le bois, il y a aussi plus de bancs.» Une autre promeneuse, Wendy, apprécie aussi les lieux : «le parc est très beau, notamment avec le château, surprenant et atypique. Et l’équipe est très accueillante. D’ailleurs, nous participons à un jeu et sommes perdus…» Nous rencontrons donc enfin cette mystérieuse équipe orange !

« J’avais des doutes, je me disais ‘ça va être moche’. Mais finalement ça s’intègre bien et c’est moderne. »

Françoise, promeneuse, au sujet du château de Rentilly

Un trentenaire arrive à son tour et jette un œil à la boussole. «Nord-ouest, c’est par là, indique-il aux enfants de l’équipe. On fait 400 pas et on devrait trouver l’enveloppe.» Ça, c'est un capitaine ! Pas étonnant que les Orange soient en tête. L’intéressé nous détrompe vite : «Ah, vous faites un article ? Vous pourrez dire que c’est moi qui ai fait perdre l’équipe !» Guillaume ne savait pas lire une boussole il y a encore un quart d’heure et a donc obliqué sud-est, persuadé d’aller nord-ouest. «J’ai confondu les deux aiguilles».

Nous partons donc nord-ouest sur l'une des allées historiques du 17e siècle. Dans le bois, nous rejoignons un couple de promeneurs venu de Lagny, Chantal et Hervé sont fans du parc de Rentilly : «c’est varié, il y a de grandes pelouses, un bois, les arbres sont magnifiques… Beaucoup de monde vient ici jouer au ballon, pique-niquer et cela reste toujours très calme.» Un lieu qui était destinée à l'urbanisation avant qu'une mobilisation locale ne s'y oppose et que Marne et Gondoire s'en voit confier la gestion dès sa création en 2002.

Guillaume appelle Emma qui lui indique que les Bleus sont déjà arrivés au château. On se croirait dans "La Carte au trésor", le célèbre jeu de France 3 dont une émission a d’ailleurs été tournée ici en 2018 : «Guillaume pour Emma : dépêchez-vous !»

Les Roses aussi sont arrivés au château. Ils complètent les éléments manquants de leur frise en consultant les panneaux qui retracent l’histoire du domaine : «c’est Henrietta Thuret qui a créé le parc à l’anglaise au 19e siècle.» Pendant ce temps, les Orange cherchent le sequoia géant dont une branche reprend racine au sol.

Classement final : Bleus : 130 sur 140, Roses : 110 sur 140, Oranges. : 95. «Parfait !», s’exclame Guillaume, boussole autour du cou. «Ah oui, j’allais oublier de la rendre...»

Pour les 20 ans du Parc culturel - Michel Chartier qui avait ouvert en 2006 lors des journées du patrimoine, une visite historique du domaine est proposée le dimanche 20 septembre à 11 heures, suivie d'un spectacle en plein air à 15 heures.

Le château de Rentilly et ses façades miroirs
Le château de Rentilly, transformé en 2013.
ZOOM SUR

Sur le front des incendies de l'été

Sapeur, sous-officier, officier : rencontre avec trois pompiers de Lagny qui ont participé à l’extinction des feux de forêt à Fontainebleau, en Gironde et dans le Var. Entre récit des événements sur le terrain et anticipation des prochains étés.

Les pompiers de Seine-et-Marne face au feu au Cap-Ferret
Les pompiers de Seine-et-Marne face au feu en juillet au Cap-Ferret

Ce 12 juillet, le feu des Écrennes, près de Melun, mobilise une grande partie des pompiers du département. À Lagny, Julien Saintoul est de garde depuis 7 heures du matin. Une garde qui va se prolonger jusqu'au lendemain 15 heures : à 19 heures ce dimanche soir, l'adjudant-chef est engagé à Fontainebleau où des départs de feu ont été signalés.

Sur place, il n’est pas le seul de Lagny à lutter pour préserver le massif. «Je m'étais ajouté de garde, au regard de l’activité opérationnelle exceptionnelle sur le département», nous indique le lieutenant Luca Martimort. L’adjoint au chef de centre de Lagny rejoint Fontainebleau à 20 h 30 à bord d’un véhicule de commandement. Sur place, les officiers n’ont pas une seconde à perdre : «le feu partait dans différentes directions, on ne réussissait pas à le cartographier en raison des fumées très denses qui empêchaient la vision sur le terrain. Face à sa progression, il fallait alors très vite regrouper en une seule section les unités qui avaient été engagées sur plusieurs départs de feu différents, établir un seul chantier et organiser les largages de retardant. En parallèle, nous devions préparer l’arrivée de renforts nationaux et de moyens aériens supplémentaires prévus dès le lendemain matin.»

« Les fumées très denses empêchaient la vision sur le terrain, on ne pouvait pas cartographier le feu, et il fallait très vite regrouper les unités en une seule section »

Lieutenant Luca Martimort

Un incendie d’ampleur en forêt de Fontainebleau, le SDIS (Service départemental d’incendie et de secours) s’y préparait après la première alerte de 2022 (4,5 hectares brûlés). «Avec l’ONF (Office national des forêts) et les maires des communes environnantes, nous savions que cela arriverait tôt ou tard en raison de la surface du site et de sa forte fréquentation : il y a des millions de randonneurs à Fontainebleau chaque été. Mais un feu de 2000 hectares, cela a malheureusement dépassé nos prévisions», reconnaît le commandant Paul-Édouard Laurain.

1200 personnels, 4 Canadairs, 2 Dash (avions largueurs de retardant) et 4 hélicoptères bombardiers d'eau seront engagés au plus fort de la bataille. «Nos collègues bretons, alsaciens, savoyards ou encore des Bouches-du-Rhône nous ont rejoint. Par chance, il n’y avait pas d’autre incendie nécessitant des renforts nationaux à ce moment-là», précise l'officier. La vraie victoire est que l’incendie n’aura pas fait de victime. Mais les flammes auront tout de même ravagé 10 % du massif de Fontainebleau. «Le besoin de renforts nationaux est un scénario atypique en Île-de-France mais typique du sud de la France», rappelle Paul-Édouard Laurain.

Si l’origine humaine des feux de Fontainebleau a vite été avérée, «comme dans neuf cas sur 10» souligne le commandant, les conditions ont également été similaires à celles de la Gironde ou du Var : «c’est ce qu’on appelle un feu explosif, explique le lieutenant Martimort. Avec la chaleur, les végétaux transpirent et libèrent des essences qui s’enflamment.»

La Gironde, Antoine Lahaye y était. Le 22 juillet à 3 heures du matin, son téléphone vibre. L’écran affiche "Luca Martimort". «Il me demande si je peux partir pour la Gironde à 8 heures. Je réfléchis 3 secondes et je réponds : pas de souci». Cinq heures plus tard, Antoine est en route vers Melun à bord d'un engin-pompe de la caserne.

À 10 heures, tout juste armée, la colonne de renfort d’Île-de-France part pour Le Porge qu’elle rallie à 18 h 30. Moins d’une heure après, Antoine et son groupe affrontent les flammes à Lège-Cap-Ferret. La posture est défensive : il faut tenir une ligne, forcer le feu à contourner les habitations.

Un pompier à la lance face à un feu de forêt
Un pompier en tenue de feu devant un incendie de forêt
À Fontainebleau mi-juillet (photos SDIS 77)

Antoine, qui a passé sa formation Feu de forêt cette année même, ne se laisse pas impressionner. «Cela serait le meilleur moyen de se mettre en danger, balaie le jeune homme. Il faut se focaliser sur le travail, faire le job et veiller à sa propre sécurité.»

Antoine aura passé cinq jours en Gironde. Sentiment du devoir accompli ? «Oui mais les vrais héros, ce sont les habitants. Ils sont restés pour nous aider. Sans eux, on n’aurait pas pu faire le travail comme on l’a fait». Le lieutenant Martimort acquiesce : «ces gens ont pris sur leur propre désarroi pour s’entraider et participer à l’effort collectif avec tous les acteurs publics. On entend souvent que la solidarité est difficile. Et pourtant, c’est dans ces moments difficiles que se manifeste cette solidarité qui nous permet de surmonter les difficultés. Cet esprit est toujours là parmi nous.»

« Les vrais héros, ce sont les habitants. Ils sont restés pour nous aider. »

Antoine Lahaye, sapeur-pompier

L’été 2026 a été la cinquième campagne de lutte contre les incendies de forêt de Julien Saintoul. L’année dernière, il avait enchaîné l'Aude et les Alpes de Haute-Provence. Lui aussi mesure l’implication de la population. «Les viticulteurs et les villageois nous demandent combien on est, et le soir, ils sont capables de fournir un repas pour 100, 200 ou même 300 personnes».

Habilité à conduire les engins 4x4, le sous-officier a parcouru en véhicule léger les espaces calcinés par l’incendie. Un feu qui a ravagé 6 000 hectares autour de Pontevès, près de Brignolles (Var). Sa mission durant ces 12 jours, du 6 au 14 août : repérer des voies d’accès pour les engins lourds chargés de traiter les réactivations (reprises de feu). «Un CCF (camion-citerne feu de forêt) pèse 15 tonnes, ça ne passe pas partout…». La nature dévastée, notre soldat du feu ne s’y habitue pas, lui qui connait bien le Var et ses paysages «très verts, très denses».

Antoine Lahaye a lui été marqué par cet accident arrivé dès la première demi-heure d’engagement de son groupe, à Lège-Cap-Ferret : une bouteille de gaz explose et blesse grièvement un collègue seine-et-marnais. «Il subit encore aujourd’hui des opérations à l’hôpital de Bordeaux.»

Pour partir sur un incendie d’été, les pompiers doivent avoir effectué une formation préalable aux feux de forêt. «Il faut que les personnels soient aguerris pour partir. Mais d’un autre côté, c’est sur le terrain que l’on assimile véritablement les techniques qu’on nous enseigne. C’est tout l’équilibre à trouver entre projeter suffisamment d’effectifs et protéger nos personnels», explique le lieutenant Martimort. La rusticité est en tout cas au rendez-vous : tout à sa mission, Julien ne savait pas toujours le matin où il pourrait prendre une douche et poser son lit picot pour la nuit suivante.

L’adaptation à la nouvelle donne climatique et au risque d’incendie passe aussi par les collectivités. Comme le souligne Luca Mortimort, les plans communaux et intercommunaux de sauvegarde vont prendre une importance accrue. Ces documents validés par la préfecture organisent la réponse collective en cas de crise majeure (accident de transports ou industriel, inondation ou incendie, entre autres).

Dans la forêt de Fontainebleau, les résineux dominent et le sol sableux ne retient pas l’humidité. La tourbe en sous-sol peut rester chaude très longtemps après l’extinction du feu. Rien de tout cela dans le massif de Ferrières et les autres forêts de Marne et Gondoire. «À Marne et Gondoire, nous identifions davantage un risque lié à la mitoyenneté entre les lotissements et les terres agricoles», explique le commandant Laurain.

Depuis avril 2026, des obligations de débroussaillement s’appliquent dans les communes du massif de Fontainebleau. Ce qui ne doit pas empêcher la vigilance dans le reste de la région. «Quand le feu a franchi la A6 vers le village du Vaudoué, Noisy-sur-École et Milly-la-Forêt, les jardins non débroussaillés en lisière nous ont rendu le travail très difficile», souligne le commandant Laurain. «Dans le Var, il y a des habitudes prises par la population depuis des décennies. Il faut que cette culture se développe plus au nord. Par exemple, avant d’évacuer sa maison, laisser le portail ouvert, plonger la bouteille de gaz dans la piscine... À Fontainebleau, il y a des maisons dans la forêt sans aucun débroussaillement», souligne Luca Martimort.

Déchaumer les bordures de champs est l’une des mesures de prévention qui est appliquée à Marne et Gondoire. «Dans le département, les parcelles de miscanthus sont aussi notre bête noire. Elles sont souvent situées en périphérie d’exploitation. Or, c’est une plante qui s’embrase facilement et produit des flammes très rayonnantes», fait remarquer le commandant Laurain.

« Avec nos voisins de l’Essonne, des Yvelines et du Val d’Oise, nous devons nous renforcer mutuellement de manière plus fluide. Demain, ce sera peut-être à nous de leur prêter main forte. »

Commandant Paul-Édouard Laurain

Le SDIS a aussi tiré les conclusions de cet été pour lui-même : «Nous allons optimiser l’organisation administrative avec nos voisins de l’Essonne, des Yvelines et du Val d’Oise. Nous devons nous renforcer mutuellement de manière plus fluide. Sans oublier que demain, ce sera peut-être à nous de leur prêter main forte.»

Comme cela a été beaucoup souligné, l’apport des agriculteurs a été déterminant. Le commandant confirme : «ils nous apportaient l’eau au bon endroit en se coordonnant les uns les autres sur Whatsapp». Alors au SDIS 77, on a une idée : «pourquoi ne pas établir une convention comme cela se fait déjà pour leur participation au déneigement l’hiver ?»

Un élan de solidarité, une dose de système D et beaucoup d’organisation, serait-ce ça cet esprit collectif dont parlait le lieutenant Martimort ? Sur cette réflexion, c’est l’alerte : Julien Saintoul et Antoine Lahaye s’équipent en vitesse et sautent dans le CCF. Direction Mitry-Mory où un départ de feu a été signalé. C’était le 1er septembre, le jour de la rentrée... et toujours l’été.

RETOUR SUR

Tout miel au moulin

Le 30 août, le moulin Russon faisait découvrir sa ruche avec une apicultrice. Visite guidée.

Une apicultrice montre une ruche à un groupe d'enfants en combinaisons blanches
"Coucou les abeilles, on a de la visite !"

Chacun de nous porte une veste en tissu épais, sur laquelle sont zippés le voile et le chapeau. Le blanc de nos combinaisons tranche sur le vert de la vallée de la Brosse. Les enfants semblent déguisés en petits fantômes. Nous longeons le bief et arrivons à la ruche du moulin Russon. «Pas de grand geste», recommande Yanna, notre guide. Elle ouvre la ruche et, avec son enfumoir, calme les milliers de sujets de la colonie, qui continuent ainsi de s’affairer sur les cadres. Il y a les gardes, les nourrices, les magasinières. Les plus aguerries, ce sont les butineuses, qui rapportent à la ruche les ingrédients nécessaires : le polen qui compose une bouillie pour nourrir les larves et le nectar de fleur qui, mélangé à une enzyme dans le jabot de l’abeille, donne le miel, précieuse production qui permettra à la ruche de se nourrir cet hiver.

Le tout se fait sous l’autorité de la reine, qui a donné naissance à tout ce petit monde, à raison de 2000 œufs par jour en période de ponte. «Une ruche compte en moyenne 50 000 individus », nous avait indiqué Yanna lors du briefing préalable, au moulin Russon. Cela étant, la société des Apis mellifera, nom latin de l’abeille, est plus démocratique que monarchique. Exemple le plus frappant : pour fonder une nouvelle colonie, les abeilles qui ont effectué les reconnaissances sélectionnent le meilleur site par consensus après moult débats.

«En général la reine est vers le milieu ». Yanna sort l’un des cadres situés au centre de la ruche. «On parle aussi de rayons pour désigner les cadres car, dans une ruche naturelle, ils sont circulaires.» Quoi qu’il en soit, c’est le bon : la reine est là ! On la reconnaît à la pastille bleue dont l'apicultrice lui a marqué la tête. Chacun peut observer à tour de rôle la souveraine.

Les mâles, eux, on les reconnaît notamment à leurs yeux plus gros. Mais en ce milieu d’après-midi ensoleillé, ils sont probablement dehors. «Les mâles ne représentent que 20% de l’effectif d’une colonie. Leur fonction quasi exclusive est la fécondation des reines, ils ne participent pas aux métiers de la ruche», nous avait expliqué Yanna au moulin. En un mot, «ils ne fichent rien», en avait conclu une maman... Tout anthropomorphisme serait fortuit !

Nous repartons vers le moulin pour une dégustation de miels produits par Yanna et sa sœur en Normandie, où elles n’exploitent pas moins de 400 ruches avec leurs parents. À Marne et Gondoire, leur association baptisée Les ruchers d’Enora, entretient les 4 ruches de la communauté d’agglomération disposées au moulin Russon, à la maison de la nature (Ferrières-en-Brie), au parc de Rentilly (Bussy-Saint-Martin) et au parc du Mont-Évrin (Montévrain). «De mars à octobre, nous venons une à deux fois par mois nous occuper des ruches et mener des animations, comme aujourd’hui».

Les récoltes ont lieu en mai et en juin. En Normandie, Yanna et sa famille conditionnent le miel en pots de 250 grammes, vendus ensuite 4,50 euros à l’office de tourisme de Marne et Gondoire (Lagny) et au moulin Russon.

Les participants à l’animation du jour en achètent d’ailleurs quasiment tous en repartant. Des visiteurs qui ont apprécié cette séance : «il y a ici des gens passionnés, c’est top !», nous livre Géraldine, une habitante de Bussy-Saint-Georges venue avec sa fille. Sébastien se réjouit d’avoir encore glané de précieuses informations. Cet habitant de Ferrières-en-Brie a le projet d’installer une ruche dans son jardin. Avant de se lancer, il vaut mieux en connaître un rayon !

« Il y a ici des gens passionnés, c’est top ! »

Géraldine, habitante de Bussy-Saint-Georges
Cadre de ruche rempli d'abeilles
Ne sont-elles pas mimis nos abeilles ?
Apiculteur montrant un cadre d'abeilles à des participants
VU

Marne et Gondoire fait le mur !

Pose de voiles béton acheminés par barge sur la nouvelle digue du Pré-long

En cette rentrée, Marne et Gondoire fait le mur ! Acheminés par barge, les voiles béton sont en cours de pose sur la nouvelle digue du Pré-long que la communauté d'agglomération fait édifier à Lagny.

DÉCOUVERTE

Livres anciens, patrimoine d'aujourd'hui

Les Journées européennes du patrimoine (19 et 20 septembre) mettent en lumière cette année le patrimoine en péril. Alors, la médiathèque intercommunale de Lagny expose jusqu’au 26 septembre des ouvrages de son fonds ancien que nous avions visité il y a 3 ans. Une plongée dans un univers où la découverte de l’objet lui même vaut presque autant que son auteur, qu’il s’agisse d’un livre de Rimbaud ou d’un incunable de 1492.

Dans une arrière-salle aux rayonnages serrés, la médiathèque de Lagny abrite un fonds de 8 000 livres datant des 18e et 19e siècles. Deux après-midis par semaine, un bénévole en réveille quelques-uns de leur dormance afin de les cataloguer.

Gravure, fleurons et culs de lampe

À quoi s’intéresse cette âme passionnée lorsqu’elle les ouvre dans le silence et la semi-pénombre de ce lieu d’entreposage, qui par son austérité, renverrait plus d’un quidam à l’écran coloré de son téléphone ? À l’œuvre elle-même et à son auteur bien sûr. Mais aussi, et peut-être même davantage, à l’objet que manipulent ses doigts et scrutent ses yeux. Sa reliure, son papier, ses cahiers, son éditeur, les mots manuscrits qu’y ont pu y être laissés, ses couleurs s’il y en a, voilà ce qu’il faudra indiquer dans le catalogue. Sans oublier les éléments visuels : les gravures mais aussi les fleurons, ces motifs floraux ou géométriques placés sous les titres, en séparation de textes ou en cul de lampe (la partie blanche de la page à la fin d’un chapitre). C’est en 2006 que Michel Renouf s’est pris au jeu, lors d’une formation de 200 heures au catalogage de livres anciens à Paris, à la bibliothèque Sainte-Geneviève. En l’entamant, ce bibliothécaire ne s’attendait pas à une telle révélation : «j’ai compris que j’étais jusqu’alors passé à côté de ma vie : c’était ça que je voulais faire !»

« J’ai compris que j’étais jusqu’alors passé à côté de ma vie : c’était ça que je voulais faire ! »

Michel Renouf, bénévole catalogueur
Page d'un livre ancien montrant texte et illustrations
À l’heure du numérique, la finesse de trait et la précision de la gravure du 19e siècle restent un modèle

Un travail de détective

Ce qui plaît à Michel Renouf, c’est de fouiller le passé à la manière d’un détective : «par exemple, rechercher qui était le graveur. Ce sont souvent les mêmes noms d’un livre à l’autre. Cataloguer des livres anciens, c’est se livrer à une enquête policière. Et je continue d’apprendre lors de présentations d’ouvrages anciens à la BNF» (Bibliothèque nationale de France). Ces connaissances lui permettent d’œuvrer en binôme avec une bibliothécaire de Marne et Gondoire, Véronique Sénéchal, pour accomplir cette tâche colossale.

Le fonds de Lagny ne recèle pas de trésor hormis un volume de 1492 réunissant six incunables (impressions occidentales d’avant 1500) sur papier chiffon. Comment ce manuel en latin «à usage des étudiants de l’université de Trèves» (Allemagne), comme il y est indiqué, a-t-il atterri à Lagny ? Mystère de l’Histoire. Une édition originale en 3 volumes de De l’esprit des lois de Montesquieu datant de 1734 y est aussi conservée.

Hormis ces pièces rares, le fonds est pour partie constitué des 1 200 ouvrages de la bibliothèque personnelle du général de Napoléon, Pelet-Clozeau, déposés par ses héritiers. «La somme des livres qu’un honnête homme devait avoir lu au 19e siècle», résume Michel Renouf.

L’histoire et la géographie dominent ce fonds. Quelques traités d’artillerie se mêlent quand-même aux récits de voyages du capitaine Cook. Notre bénévole a aussi repéré un recueil de fables du 19e siècle dont les deux volumes s’ornent chacun de plus de 100 gravures. «On pourrait les montrer dans les écoles». Mais ce qui fascine Michel Renouf, c’est cet exemplaire des Illuminations, remis au peintre latignacien Léo Gausson par Paterne Berrichon, beau-frère posthume et éditeur d’Arthur Rimbaud. «On n’est qu’à une personne de Rimbaud lui-même !», s’enthousiasme le bibliophile.

Entre l’incunable du 15e siècle et cet ouvrage symboliste du 19e siècle tout simple dans sa fabrication, pas grand-chose de commun si ce n’est leur appartenance à l’océan de l’écriture européenne. Une mer que l’Union européenne entreprend de mettre en bouteille sur le web. En France, le Plan national de signalement des collections de manuscrits et livres anciens conservés en bibliothèques municipales prévoit d’en achever le catalogage en 2025.

Marne et Gondoire hebdo n°189 – 28 octobre 2023

Page d'un incunable de 1492 avec texte en rouge et noir

Où en est-on en 2026 ?

Le fonds est consultable par le public avec l'assistance des bibliothécaires, qui ont été formés à la manipulation d'ouvrages anciens.

Tous les ouvrages antérieurs à 1830 sont désormais catalogués. «Nous entamons la période 1830 - 1925», indique Michel Renouf. Le fonds s'est par ailleurs enrichi d'une nouvelle pièce rare : un manuscrit d'Anatole France de 1887, intitulé "Le seigneur de l’ours" qu'avait acquis le musée municipal. Ce texte se retrouve dans sa "Vie de Jeanne d'Arc" (1908) au chapitre qui relate le passage de la pucelle d'Orléans à Lagny. La médiathèque l'a reçu en dépôt en 2024.

Bibliothécaire spécialisée dans le patrimoine, Marie Auberger va mener des animations à partir du fonds ancien. «Nous venons de proposer des ateliers aux écoles et avons eu très rapidement beaucoup d’inscriptions. On va démarrer en octobre. Je pense que ça va aussi intéresser les collèges et lycées», se réjouit la directrice de la médiathèque de Lagny, Maud Lavalley, qui poursuit : «Pour le grand public, on commence par un atelier de gravure à la pointe sèche sur emballages en carton le 23 septembre. On pourrait aussi faire du stop motion pour présenter les gravures. Ce fonds est inspirant.»

Le 18 septembre, de 14 h à 17 h, les restauratrices du centre technique de la Bibliothèque nationale de France (situé à Bussy-Saint-Georges) seront à la médiathèque pour une démonstration de reliure et de couture. Un fonds ancien mais qui revit ! Le public peut le consulter toute l'année sur demande.

Catalogue du fonds : Catalogue collectif de France

Page d'un livre ancien avec un fleuron gravé
Fleuron placé en «cul de lampe», à la fin du chapitre
Page de titre de De l'esprit des loix de Montesquieu
"De l’esprit des lois" de Montesquieu, présenté comme imprimé à Genève et sans nom d’auteur pour échapper à la censure royale